Il est arbitraire d’être né humain

L’une des façons de comprendre le concept de justice est de le concevoir en tant que refus de l’arbitraire, arbitraire privant des individus de jouir d’un bien pour des raisons dont l’individu n’est pas responsable lui-même.

Par exemple, il est arbitraire d’être né homme plutôt que femme, et c’est pour cette raison que nous condamnons le sexisme et que nous croyons à l’égalité entre les hommes et les femmes. Il est aussi arbitraire d’être né dans une famille aisée plutôt que dans une famille en difficulté financière, de sorte que nous croyons qu’il est juste de réparer les inégalités économiques et sociales en instaurant, au moins, une égalité des chances pour tous. Pour la même raison, nous pouvons croire au cosmopolitisme ou en l’égalitarisme international parce qu’il est arbitraire d’être né dans un pays sécuritaire et libre plutôt qu’en un pays défavorisé et totalitaire.

Si, comme dans les cas précédents, nous refusons qu’un élément arbitraire détermine la qualité de vie d’un individu, ne devons-nous pas également admettre qu’il est arbitraire d’être né un animal non humain plutôt qu’humain ?