La philosophie des droits des animaux résumée par Tom Regan

Si vous cherchez un cours en accéléré sur l’éthique animale, et en particulier une défense de base des droits des animaux, je vous recommande entre autres le discours prononcé par le philosophe Tom Regan en 1989 devant l’Institution Royale de Grande-Bretagne, que vous pouvez écouter ici (durée de 8 minutes) et que j’ai retranscrit plus bas (adapté de la traduction d’Enrique Utria):

Question: Le règne animal a-t-il besoin d’une Déclaration des droits fondamentaux?

Les autres animaux que les humains mangent, utilisent en science, chassent, piègent et exploitent de diverses manières ont leur propre vie qui est importante à leurs yeux, indépendamment de leur utilité pour nous. Ils ne sont pas seulement dans le monde, mais sont aussi conscients de celui-ci, et de ce qui leur arrive. Et ce qui leur arrive leur importe. Chacun a une vie durant laquelle il fait l’expérience de choses bonnes ou mauvaises pour lui. Comme nous, ils apportent une présence psychologique unifiée au monde. Comme nous, ils sont quelqu’un, non pas quelque chose. Sur ces aspects fondamentaux, les animaux non humains dans les laboratoires ou dans les élevages, par exemple, sont les mêmes que les êtres humains. Ainsi, l’éthique de nos rapports avec eux et des relations que nous entretenons les uns avec les autres doit reposer sur certains des mêmes principes moraux fondamentaux.
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Trois conférences d’éthique animale ce printemps 2014

Trois évènements offrant l’occasion de réfléchir à l’éthique animale auront lieu prochainement dans ma région:

Philopolis 2014

philopolis-2014

Philopolis est un évènement touchant plein de sujets philosophiques, et les conférences sont généralement données par de jeunes étudiant-e-s et chercheurs. Comme l’an dernier, Philopolis accueillera aussi des conférences qui porteront sur l’éthique animale ou l’éthique alimentaire:

Ainsi que ma présentation:

Justice sociale et justice animale: même combat

Dimanche le 23 février de 13h30 à 14h30 — salle 116, pavillon Leacock (855 rue Sherbrooke Ouest)

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Les cas marginaux sont marginalisés

En éthique animale, on fait souvent référence à l’argument des cas marginaux: il existe des êtres humains qui ne possèdent pas les facultés tant prisées par les spécistes, comme la rationalité, la capacité d’agir moralement ou de négocier un contrat social. Ces cas « marginaux » sont les bébés (et dans une certaine mesure, les enfants), certaines personnes ayant une déficience intellectuelle et les personnes âgées en perte de leurs facultés. Nous pensons pourtant que ces personnes sont des patients moraux au même titre que les agents moraux humains, c’est-à-dire qu’ils sont des bénéciaires directs de nos actions morales et qu’ils doivent être inclus dans l’égalité humaine. Il s’agit même d’un truisme de nos sociétés modernes. Il semble donc que les facultés mises de l’avant par les spécistes ne sont pas des critères moralement pertinents, ce qui implique que l’on ne peut moralement exclure les animaux non humains pour ces raisons.

J’estime cependant qu’il faudrait plutôt parler des cas marginalisés. Comme je l’ai écrit à la page 3, note 5, de mon mémoire de maîtrise:

En éthique animale, ces personnes sont généralement caractérisées comme étant les « cas marginaux », mais je trouve cette expression regrettable pour au moins deux raisons. Premièrement, comme le soulignent Donaldson et Kymlicka (2011, 27), cela donne la fausse impression qu’il s’agit d’un petit nombre d’humains, alors que nous avons tous fait partie de cette catégorie lorsque nous étions enfants, et que nous pourrions tous en faire partie de nouveau en vieillissant ou en subissant un accident. Deuxièmement, cela donne l’impression que ces cas sont secondaires, périphériques, voire moins humains, et qu’on peut les aborder en un deuxième temps plutôt que de les inclure directement, dès le premier temps, dans la réflexion morale.

Or, les « cas marginaux » ne représentent ni une exception, ni une classe indésirable de l’espèce humaine. Pour ces raisons, je propose de remplacer cette expression par « cas marginalisés » dans le but de mettre l’accent sur l’idée qu’il s’agit de personnes qui se font écarter par le choix de langage et de théories morales, alors qu’elles ne devraient pas être considérées marginales.

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