Trois conférences d’éthique animale ce printemps 2014

Trois évènements offrant l’occasion de réfléchir à l’éthique animale auront lieu prochainement dans ma région:

Philopolis 2014

philopolis-2014

Philopolis est un évènement touchant plein de sujets philosophiques, et les conférences sont généralement données par de jeunes étudiant-e-s et chercheurs. Comme l’an dernier, Philopolis accueillera aussi des conférences qui porteront sur l’éthique animale ou l’éthique alimentaire:

Ainsi que ma présentation:

Justice sociale et justice animale: même combat

Dimanche le 23 février de 13h30 à 14h30 — salle 116, pavillon Leacock (855 rue Sherbrooke Ouest)

La gauche doit-elle s’intéresser à la justice animale, c’est-à-dire au projet d’abolir l’exploitation animale et d’accorder des droits fondamentaux aux animaux non humains? Si on est égalitariste, féministe, anti-impérialiste, contre les discriminations raciales, hétérosexistes et culturelles, comment peut-on soutenir que les animaux non humains ne méritent pas aussi une considération morale égale et de ne pas subir de discrimination?

L’objectif de cette conférence se divise en deux parties. La première consiste à expliquer pourquoi les luttes contre l’oppression humaine sont liées logiquement et moralement à la lutte contre l’oppression que subissent les animaux non humains. En effet, si nous sommes contre la violence et la domination, si nous croyons au pluralisme et à la possibilité à ce que chacun-e puisse vivre la vie qu’il ou elle désire, pourquoi refuser d’appliquer ces principes à tous ceux et toutes celles qui pourraient en bénéficier? Pourquoi ne pas se battre contre toutes les distinctions arbitraires et partiales?

Dans la deuxième partie, j’explore les raisons pour lesquelles la gauche continue de bouder la justice animale et de ne pas reconnaître que le véganisme soit une obligation morale. Car il est curieux que la plupart des objections qu’emploient les partisan-e-s de la justice sociale pour nier la justice animale renvoient en fait aux mêmes arguments utilisés par les systèmes d’oppression, qui sont généralement dénoncés par la gauche. Comment peut-on expliquer cette attitude? Par exemple, pourquoi la gauche pense-t-elle que la libération animale puisse représenter un obstacle pour l’émancipation humaine, alors qu’elle n’hésite pas à se solidariser des luttes de libération humaine même si celles-ci sont parfois en tension les unes contre les autres?

Cette conférence fera également place à l’échange et à la discussion, car plutôt que marteler un message à sens unique, il sera important d’établir un dialogue entre les différents mouvements sociaux afin de bien vérifier comment ils convergent et comment ils peuvent s’entraider. Après tout, la libération animale ne pourra se faire sans la libération humaine. Il faudra se solidariser à tous les niveaux. Tous ceux et toutes celles qui sont interpellé-e-s par les mouvements de libération et l’intersectionnalité sont fortement encouragé-e-s à y participer, car nous en bénéficierons tous.

Je vous invite fortement à prendre connaissance de l’horaire complet de Philopolis, qui touche des sujets très variés. C’est tout le temps intéressant, et même une présentation historique d’un philosophe obscure ou une discussion de méta-logique peut avoir son utilité sociale, ne serait-ce qu’en nous pratiquant à la pensée abstraite. Je ne voudrais pas réduire l’intérêt de la philosophie à sa possibilité d’application concrète (car le savoir et la réflexion sont aussi beaux en eux-mêmes), mais je crois aussi que la philosophie peut jouer un rôle fondamental dans l’émancipation des esprits et des personnes. Bref, une belle occasion pour s’instruire gratuitement!

La 2e conférence annuelle des Étudiants pour des Études animales critiques

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Il s’agit d’une conférence internationale de trois jours incluant une variété de présentations et d’ateliers d’étudiant-e-s, de professeur-e-s et d’activistes discutant de l’oppression, de la libération et de la représentation des animaux non humains.

Et voici le résumé de ma présentation:

Egalitarianism and Distributive Justice for Domesticated Animals

Dimanche le 30 mars de 15h30 à 16h15

The vast majority of debates in animal ethics addresses the question of negative rights. This might be explained by the omnipresence of animal exploitation, which systematically violates all animals’ liberties. But does it imply that animals are not entitled to positive rights as well? Is it sufficient to respect their rights not to suffer, to stay alive, and to be free, without seeking to promote their flourishing?

I will present two kinds of arguments supporting the inclusion of domesticated animals in the schemes of an egalitarian distributive justice. First, drawing from Rowlands’ use of the veil of ignorance, I will argue that species membership is a morally arbitrary criterion. Then, using Donaldson and Kymlicka’s political theory of animal rights, I will present arguments in favor of granting citizenship to domesticated animals on the basis that they are already part of our political community and that they contribute to our society, which are sufficient conditions to be owed justice.

If domesticated animals have the right to benefit from an egalitarian scheme of distributive justice, we must then ask what type of egalitarian theory suits them best (or suits best citizens in general). In the second part of my presentation, I will ask what equality of resources and equality of welfare can tell about the inclusion of domesticated animals. I will come to the conclusion that a welfare theory of egalitarianism provides the most interesting features, notably by considering that domesticated animals can contribute to our society by enhancing the welfare of other citizens.

Thinking Outside the Cage

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Grâce aux efforts de Will Kymlicka, Sue Donaldson et Zipporah Weisberg, mon université aura l’honneur d’accueillir cette conférence d’envergure qui portera sur l’expérimentation animale et qui fera intervenir des chercheurs internationaux, dont l’un des étudiants de Harry Harlow qui est devenu antivivisectionniste. Cette conférence, qui tentera de mettre en lumière les problèmes scientifiques et éthiques de l’expérimentation animale, coïncide bien avec les efforts du groupe Queen’s Animal Defence, dont je fais partie, qui s’évertue à dénoncer ces pratiques qui ont lieu sur le campus à l’heure actuelle.

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