Portraits de véganes

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Sortir des préjugés

L’un des aspects qui nuit à l’expansion du véganisme semble être la perception sociale de ce mouvement et de ses acteurs. Nous sommes souvent dépeints comme des gens irrationnels, monomaniaques, dépressifs, hippies, étudiants en philo (!), et j’en passe. La réalité est pourtant bien simple: les véganes sont des gens comme tout le monde, ils et elles proviennent de tous les milieux, de tous les horizons. Il n’est pas nécessaire d’avoir un certain cursus afin de comprendre que la violence envers les animaux, et en particulier la violence non nécessaire, n’est pas justifiable, et que l’on peut mener des vies saines sans y participer!

C’est pour tenter de sortir de ces préjugés que, depuis janvier, je suis heureux de participer au projet Portraits de véganes initié par Marie-Noël du blogue Vert et fruité. À travers ces entrevues inspirées de la série lancée par VegActu, nous espérons montrer que les véganes représentent une population diversifiée et engagée, loin de calquer les stéréotypes que l’on voudrait bien lui accoler.

Parallèlement, je vous invite à prendre connaissance du concept de végéphobie (via notamment ce document très détaillé). Comme l’explique Martin Gibert dans son excellent article publié dans Versus, « parce qu’ils refusent de cautionner la souffrance animale, les véganes sont parfois victimes de mépris et d’attaques personnelles. […] Les véganes n’ont malheureusement que trop l’habitude de se faire traiter de tous les noms: extrémistes, trop sensibles, orthorexiques, radicaux, brouteurs de luzerne, carencés, utopistes et bien sûr, sectaires. » Lire la suite

Il n’y a pas d’arguments moraux en faveur du végétarisme

Jo-Anne McArthur

© Jo-Anne McArthur

Au cours de l’évolution du mouvement social pour les droits des animaux, une erreur historique s’est glissée: l’apparition de l’ovo-lacto-végétarisme. Cette pratique alimentaire a ralenti la cause parce que, en se voulant plus accessible, elle a laissé croire à tort qu’il existe une différence morale entre exploiter un boeuf et exploiter une vache, ou entre exploiter un poulet et exploiter une poule; ou que parce qu’il n’y a pas de sang, il n’y a pas de violence. Ces idées reçues ont alors entraîné de longs débats de la part de ceux et celles insistant pour faire de l’ovo-lacto-végétarisme une position morale respectable et suffisante. Une telle position peut ainsi être soutenue à l’aide de cinq arguments: (1) pour des raisons diététiques ou prudentielles, (2) pour éviter de tuer, (3) parce que cela réduit la souffrance, (4) parce que les conséquences négatives ne sont pas volontaires, et enfin (5) parce que c’est mieux que rien. Dans ce billet, je propose de parcourir ces cinq arguments dans le but d’illustrer que les justifications de la consommation de produits laitiers et d’oeufs sont arbitraires et que, par conséquent, l’ovo-lacto-végétarisme n’aurait pas dû exister en tant que pratique à promouvoir.

Je souhaite être clair: mon but n’est pas de critiquer les gens qui pratiquent l’ovo-lacto-végétarisme, et encore moins de juger leurs limites et leur situation personnelle. Je conçois tout à fait que ces végétariens veulent bien faire, de sorte que je ne voudrais en aucun cas décourager leur bonne volonté. Ce que je questionne plutôt est de considérer l’ovo-lacto-végétarisme comme une fin en soi, voire même comme une étape nécessaire et suffisante. Je ne cherche pas à culpabiliser les ovo-lacto-végétarien-ne-s qui ne se sentent pas encore prêt-e-s à devenir véganes. Ce qui me préoccupe, ce sont les revendications du mouvement social et politique pour les droits des animaux. Celui-ci, j’estime, doit avancer une position claire et minimale: le véganisme (ce qui inclut une alimentation végétalienne).

Pour le reste de cet article, je simplifierai la notion d’ovo-lacto-végétarisme par celle, plus commune, de végétarisme — même si, étymologiquement, ce dernier référait plutôt à l’alimentation à base de végétaux. À noter que, de nos jours, le végétarisme est parfois employé pour référer à la grande famille des modes alimentaires rejetant des produits animaux. Le végétalisme, quant à lui, réfère à l’alimentation qui exclut tout produit animale, alors que le véganisme englobe le mode de vie global qui proscrit l’exploitation animale.
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Les viandes végétaliennes

La revue VegNews qui a célébré les végéburgers!

La revue VegNews célèbre les végéburgers!

Les végétaliens ont le droit d’aimer la viande!

Après l’article très populaire sur les fromages végétaux, il est maintenant temps de couvrir les imitations de viande qui n’ont pas impliqué d’exploitation animale. Qu’on appelle ça fausse viande (mais c’est de la vraie bouffe!), viande végétale (quoique certaines contiennent des champignons, qui n’est pas une plante!), viande végétalienne, sans viande, végé-viande (végé-poulet, végé-boeuf, etc.), l’essentiel à savoir est que l’on peut satisfaire son goût pour la viande sans sacrifier d’animaux. Cet article, je l’espère, saura vous en donner un aperçu.

Mais les végés ne sont-ils pas censés boycotter la viande? Quel est l’intérêt de se priver de viande puis d’essayer par tous les moyens d’en reproduire le goût? La réponse est simple: c’est qu’il y a de nombreuses raisons de devenir végétarien ou végétalien, et le dégoût pour la viande n’en est qu’une. Il ne faudrait donc pas stéréotyper. Pour ma part, je suis végétalien pour des raisons éthiques: de un, parce que j’estime qu’il faut diminuer notre empreinte environnementale, et de deux, parce que j’estime qu’il ne faut pas commettre de violence envers les animaux sans nécessité. En revanche, j’ai toujours adoré la viande. Il existe donc une manière de joindre mon goût à mes valeurs!

Certains omnivores continuent quand même de trouver ridicule l’idée d’imitation de viande. Pourquoi chercher la copie lorsqu’on peut avoir l’original? Du point de vue végane, c’est l’inverse qui est ridicule: pourquoi tenir à tout prix à ce que des animaux soient tués afin que l’on puisse satisfaire nos plaisirs gustatifs? Grâce à la technologie et aux découvertes culinaires, on a pu trouver des manières fort impressionnantes de reproduire l’expérience carnée, et ce, sans les conséquences indésirables. À quoi ça sert alors de manger « l’original »? On tient tant que ça à polluer et à faire souffrir?

On pourra toujours penser que le goût n’est pas exactement le même, ni que ça a exactement la même valeur nutritive. Peut-être. Peu importe, ces produits sont intéressants en soi, et pour la petite différence, ça ne fait vraiment pas le poids du coût environnemental et éthique de la viande authentique. Un peu d’ouverture d’esprit et on ne sera pas déçus!

En même temps, manger des imitations de viande n’est en rien nécessaire au végétalisme. Plusieurs de mes ami-e-s véganes ont développé un dégoût pour la viande ou n’apprécient pas lorsque ces imitations ressemblent trop aux produits originaux. Mais pour les autres, pourquoi se priver? À condition de ne pas en manger tout le temps (car c’est effectivement très salé, gras et parfois dispendieux), il s’agit de plats faciles à préparer et très utiles lorsqu’on manque d’idées.

Voici donc, pour le plaisir de vos yeux et bientôt de votre palais, quelques marques disponibles sur le marché nord-américain, et plus particulièrement au Québec. En consultant les adresses Internet de ces compagnies, vous pourrez aussi savoir si le produit est distribué dans votre région. N’hésitez pas non plus à contacter la compagnie et à discuter avec votre épicier afin de trouver un moyen de faire venir ces produits près de chez vous! Et à la fin, j’ai également proposé quelques recettes de mon répertoire.

Gardein

  • Site web: gardein.com
  • Produits: ailes de poulet, escaloppes, croquettes, cubes de boeuf, filets de poisson, sans viande hachée, boulettes d’hamburgers, etc.
  • Tous végétaliens!

gardein Lire la suite