Les Estivales de la question animale *édition Québec*

(Note personnelle: mes excuses, j’ai négligé ce site ces derniers mois pour des raisons de doctorat, de voyages d’études, de conférences et bientôt d’enseignement. Je me suis également impliqué dans divers projets militants, dont le Festival végane de Montréal ainsi que les Estivales, que je co-organise et dont je parle ci-contre. Mais je reviendrai un jour en force avec de nouvelles réflexions à partager!)


Le mouvement pour la cause animale étant en pleine effervescence au Québec, il est grand temps que les personnes s’y intéressant se rencontrent pour échanger et pour nouer des liens plus solides. C’est pourquoi nous vous invitons, les 24 au 27 juillet 2017, aux Estivales de la question animale édition Québec, un rendez-vous annuel qui s’inspire d’une tradition qui a lieu chaque été en France depuis 2003!

Les Estivales prennent la forme de rencontres où sont partagées connaissances, expériences et opinions. Elles sont ouvertes à toutes les personnes intéressées de près ou de loin par la question animale, que ce soit à titre individuel ou en tant que membre de diverses associations. Le tout se déroule dans un esprit inclusif, communautaire et convivial. Ainsi, les participant-e-s séjournent quelques jours ensemble et participent aux activités planifiées en se partageant les tâches collectives (cuisine, ménage, vaisselle, s’occuper des animaux sur les lieux, etc.).

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L’exploitation animale est consacrée dans la loi

Protéger pour mieux exploiter

Une chose est bien connue: légalement, les animaux sont considérés comme des biens meubles. Mais la situation est-elle aussi simple? N’y a-t-il pas, par exemple, une panoplie de lois qui protègent les animaux contre la cruauté?

La réponse simple est oui: la cruauté envers les animaux est notamment sanctionnée dans le Code criminel canadien (articles 444447). La réponse longue est que ces lois ne remettent pas du tout en question les formes institutionnalisées d’exploitation animale, et ce, même si celles-ci impliquent souvent des formes plus graves et systématisées de souffrance et de violence. Autrement dit, la cruauté pour la cruauté est légalement prohibée, mais non la cruauté pour faire des profits.

De manière générale, ce qui est considéré comme une pratique socialement acceptée ne peut pas être sanctionné par la loi. Les intérêts des animaux sont donc seulement considérés lorsqu’ils convergent avec les intérêts des êtres humains. La loi ne protège pas les animaux pour ce qu’ils sont, mais plutôt pour ce que nous décidons qu’ils sont, c’est–à-dire de l’utilité que l’on veut bien leur imposer. Par exemple, un lapin bénéficie de différentes protections légales selon qu’il est utilisé pour la recherche scientifique, qu’il est élevé pour être mangé, qu’il est élevé pour être vendu à une animalerie, qu’il est dans l’animalerie, qu’il se voit adopté par une famille en tant qu’animal de compagnie ou qu’il est sauvage. Il peut s’agir du même lapin qui est transféré d’un endroit à l’autre, cela importe peu: sa protection est déterminée par sa fonction. Ses intérêts les plus fondamentaux sont donc échangeables, négligeables, et ne sont aucunement considérés en soi. En bref, la loi sert d’abord à protéger l’exploitation animale bien avant de protéger les animaux eux-mêmes.

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Défense d’aider les animaux

Lesli Bisgould - Animals and the Law

Dans son chapitre sur les animaux sauvages, la professeure de droit de l’Université de Toronto Lesli Bisgould écrit:

Tandis qu’une personne a le droit de perturber un animal [sauvage] dans le but de tenter de le tuer, elle ne doit pas le faire dans l’intention d’essayer de l’aider; il est interdit de déranger les animaux « en vue d’empêcher ou de gêner des activités licites de chasse ou de pêche »; toucher ou enrayer tout piège tendu conformément à la législation constitue également une infraction.1

– Lesli Bisgould (2011), Animals and the Law, p. 241

Parallèlement, l’article de Vaughan Black intitulé “Rights Gone Wild” propose une intéressante réflexion sur le fait que la plupart des provinces du Canada ont adopté un droit symbolique à la chasse. Les députés, au lieu de se questionner sur les conséquences imprévisibles de tels statuts, ont plutôt profité de leurs interventions en chambre pour raconter des histoires de chasse, prétendre que la chasse est nécessaire à l’équilibre des écosystèmes (mais sans jamais citer d’études scientifiques à ce sujet), et que c’est bon pour l’éducation des enfants et la famille. Et ils ont même été capables de parler de chasse sans mentionner le mot « kill » (tuer): Lire la suite