On fabrique de la viande comme on fabrique des voitures

On fabrique de la viande1 comme on fabrique des voitures2. La différence est que les animaux sont des individus: ils ont une vie psychologique et des intérêts propres à eux. Ils ont, par conséquent, le droit de mener leur propre vie.

Pour prendre un exemple de l’élevage industriel, on voit sur cette photo des truies gestantes. Pendant leur gestation, elles ne pourront jamais se retourner ou s’étendre sur le côté. Et par manque d’activité et de stimulation, évidemment, elles meurent d’ennui. Autrement dit, elles sont des machines à produire des bébés. Elles sont condamnées à cette situation parce qu’elles ne font pas partie de notre espèce (spécisme), parce qu’elles sont des femelles (sexisme) et parce qu’elles ne sont pas aussi mignonnes que des chiens ou des chats (hypocrisie morale). Et évidemment, parce qu’elles produisent beaucoup.

Ces formes de discrimination s’appliquent à toute forme d’exploitation animale. Dans tout élevage (incluant ceux qui prétendent se préoccuper du bien-être animal), les animaux se voient traités comme des machines ou de la marchandise, dont la valeur économique a priorité sur la valeur morale de l’individu. On réduit les animaux à leur utilité qu’ils ont pour nous servir et on tient pour acquis notre droit de les exploiter. On ne voit plus l’individu, on ne voit que la masse.

truies gestantes

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Expérimentation animale à l’Université de Montréal: le cas Selye

Le Dr Hans Selye.

Le Dr Hans Selye avec l’un de ses sujets de recherche.

J’ai étudié à l’Université de Montréal pendant six ans, où j’ai complété le baccalauréat ainsi qu’une maîtrise en philosophie. Comme plusieurs de mes pairs, j’étais bien au courant de certains défauts de mon institution, entre autres parce que nous en discutions souvent durant la grève de 2012 (d’ailleurs, plusieurs de ces problèmes sont détaillés dans l’excellent essai de mon professeur Michel Seymour).

Pourtant, c’est seulement tout récemment que j’apprends que des recherches particulièrement cruelles et célèbres y ont été conduites pendant des années. Je sens donc à la fois un devoir et une dette de rapporter ces faits trop méconnus autour de moi, car je crois que critiquer une institution c’est aussi, parfois, l’inviter à s’améliorer. Mon université s’est rendue complice de graves injustices, et par cet étrange sentiment d’appartenance qui me relie à cette communauté, je me dois au moins d’informer les autres qui continuent de fréquenter cette institution.

Les expériences de feu Hans Selye portant sur la nature du stress, ses causes et ses effets ainsi que la prévention et le traitement des maladies liées au stress sont connues mondialement. […] Pourtant, les expériences menées sur une période de plus de 40 ans par Selye et son équipe de chercheurs à l’Université de Montréal, au sein de l’Institut de chirurgie et de médecine expérimentale (dont il fut directeur), ont fait l’objet de critiques virulentes. […]

L’usage d’animaux par Selye a en effet atteint des proportions sans précédent. Selon ses propres estimations, au cours d’une année normale, «nous utilisions environ 1 400 rats par semaine à des fins de recherche.» […]

S’il était toujours vivant, Selye devrait probablement admettre en toute candeur que ses expériences ont occasionné énormément de souffrance, puisqu’elles étaient conçues pour exposer les systèmes physiologiques des animaux à des tests comportant différents degrés d’intensité afin d’observer leurs réactions. […] Pour en apprendre davantage sur la nature et les mécanismes biologiques du stress, Selye a dû reproduire en laboratoire des conditions s’apparentant à des blessures ou traumatismes auxquels les être humains sont sujets et en créer d’autres qui soumettraient à des exigences mesurables le système physiologique d’animaux de laboratoire dont les propriétés en tant qu’organismes vivants étaient bien connues. Voilà pourquoi on ne peut éviter de conclure qu’au fil des années, Selye a causé énormément de souffrance chez ses sujets animaux.
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Statistiques astronomiques

http://www.mnn.com/food/healthy-eating/stories/what-to-ponder-when-picking-poultry

Élevage industriel de poulets.

Sunday Bloody Sunday

Pour le Super Bowl, il est estimé que 1,25 milliards d’ailes de poulet seront consommées. Considérant que chaque oiseau peut donner quatre ou six ailes de poulet (et non deux, contrairement à ce que l’on aurait pu penser) du fait que chaque aile est divisée en deux ou quatre, on peut estimer qu’entre 208 et 312 millions d’oiseaux auront été tués pour ce seul évènement, pour une journée seulement. Et ces chiffres se reproduisent, s’additionnent, année après année.

Nous sommes pourtant capables de changer, de respecter les autres; nos traditions peuvent évoluer. Avoir du plaisir entre amis et regarder du sport peut très bien se faire sans tuer d’autres individus qui partagent les mêmes intérêts fondamentaux que nous et qui auraient voulu, eux aussi, avoir de meilleures opportunités de vie. Ils n’ont rien fait pour mériter ce triste sort.

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