Quatre arguments en faveur de la mort des animaux

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Photo de Jo-Anne McArthur.

L’article « The Moral Significance of Animal Pain and Animal Death » d’Elizabeth Harman provenant du recueil The Oxford Handbook of Animal Ethics présente et réfute quatre arguments soutenant l’idée que tuer des animaux non humains sans douleur ne représente pas un tort moral (à supposer qu’une chose telle que la mort indolore soit techniquement et économiquement réaliste, surtout à grande échelle — ce dont je doute). J’ai résumé ces quatre arguments en deux points et j’ai aussi ajouté deux autres arguments qui sont parfois évoqués sur cette question:

  1. Priver d’un bien ne signifie pas nécessairement faire du mal.
  2. Les animaux n’ont pas de plans pour le futur ni (suffisamment) de continuité psychologique.
  3. Les animaux s’entretuent déjà.
  4. Notre raison de les tuer est la cause de leur existence, donc les tuer n’est pas contraire à leurs intérêts.

Question parallèle: comment peut-on considérer qu’il est moralement condamnable de causer de la souffrance aux animaux non humains, mais non de mettre fin prématurément à leurs jours (même sans souffrance)? Tout comme moi, Harman estime pourtant que si on endosse la première partie de cette thèse, alors on est logiquement portés à considérer qu’il ne faut pas non plus tuer des animaux non humains (toute chose égale par ailleurs), même sans souffrance. Grâce à ce texte, j’espère pouvoir démontrer pourquoi.

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Expérimentation animale à l’Université de Montréal: le cas Selye

Le Dr Hans Selye.

Le Dr Hans Selye avec l’un de ses sujets de recherche.

J’ai étudié à l’Université de Montréal pendant six ans, où j’ai complété le baccalauréat ainsi qu’une maîtrise en philosophie. Comme plusieurs de mes pairs, j’étais bien au courant de certains défauts de mon institution, entre autres parce que nous en discutions souvent durant la grève de 2012 (d’ailleurs, plusieurs de ces problèmes sont détaillés dans l’excellent essai de mon professeur Michel Seymour).

Pourtant, c’est seulement tout récemment que j’apprends que des recherches particulièrement cruelles et célèbres y ont été conduites pendant des années. Je sens donc à la fois un devoir et une dette de rapporter ces faits trop méconnus autour de moi, car je crois que critiquer une institution c’est aussi, parfois, l’inviter à s’améliorer. Mon université s’est rendue complice de graves injustices, et par cet étrange sentiment d’appartenance qui me relie à cette communauté, je me dois au moins d’informer les autres qui continuent de fréquenter cette institution.

Les expériences de feu Hans Selye portant sur la nature du stress, ses causes et ses effets ainsi que la prévention et le traitement des maladies liées au stress sont connues mondialement. […] Pourtant, les expériences menées sur une période de plus de 40 ans par Selye et son équipe de chercheurs à l’Université de Montréal, au sein de l’Institut de chirurgie et de médecine expérimentale (dont il fut directeur), ont fait l’objet de critiques virulentes. […]

L’usage d’animaux par Selye a en effet atteint des proportions sans précédent. Selon ses propres estimations, au cours d’une année normale, «nous utilisions environ 1 400 rats par semaine à des fins de recherche.» […]

S’il était toujours vivant, Selye devrait probablement admettre en toute candeur que ses expériences ont occasionné énormément de souffrance, puisqu’elles étaient conçues pour exposer les systèmes physiologiques des animaux à des tests comportant différents degrés d’intensité afin d’observer leurs réactions. […] Pour en apprendre davantage sur la nature et les mécanismes biologiques du stress, Selye a dû reproduire en laboratoire des conditions s’apparentant à des blessures ou traumatismes auxquels les être humains sont sujets et en créer d’autres qui soumettraient à des exigences mesurables le système physiologique d’animaux de laboratoire dont les propriétés en tant qu’organismes vivants étaient bien connues. Voilà pourquoi on ne peut éviter de conclure qu’au fil des années, Selye a causé énormément de souffrance chez ses sujets animaux.
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Trois conférences d’éthique animale ce printemps 2014

Trois évènements offrant l’occasion de réfléchir à l’éthique animale auront lieu prochainement dans ma région:

Philopolis 2014

philopolis-2014

Philopolis est un évènement touchant plein de sujets philosophiques, et les conférences sont généralement données par de jeunes étudiant-e-s et chercheurs. Comme l’an dernier, Philopolis accueillera aussi des conférences qui porteront sur l’éthique animale ou l’éthique alimentaire:

Ainsi que ma présentation:

Justice sociale et justice animale: même combat

Dimanche le 23 février de 13h30 à 14h30 — salle 116, pavillon Leacock (855 rue Sherbrooke Ouest)

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