On fabrique de la viande comme on fabrique des voitures

On fabrique de la viande1 comme on fabrique des voitures2. La différence est que les animaux sont des individus: ils ont une vie psychologique et des intérêts propres à eux. Ils ont, par conséquent, le droit de mener leur propre vie.

Pour prendre un exemple de l’élevage industriel, on voit sur cette photo des truies gestantes. Pendant leur gestation, elles ne pourront jamais se retourner ou s’étendre sur le côté. Et par manque d’activité et de stimulation, évidemment, elles meurent d’ennui. Autrement dit, elles sont des machines à produire des bébés. Elles sont condamnées à cette situation parce qu’elles ne font pas partie de notre espèce (spécisme), parce qu’elles sont des femelles (sexisme) et parce qu’elles ne sont pas aussi mignonnes que des chiens ou des chats (hypocrisie morale). Et évidemment, parce qu’elles produisent beaucoup.

Ces formes de discrimination s’appliquent à toute forme d’exploitation animale. Dans tout élevage (incluant ceux qui prétendent se préoccuper du bien-être animal), les animaux se voient traités comme des machines ou de la marchandise, dont la valeur économique a priorité sur la valeur morale de l’individu. On réduit les animaux à leur utilité qu’ils ont pour nous servir et on tient pour acquis notre droit de les exploiter. On ne voit plus l’individu, on ne voit que la masse.

truies gestantes

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Aliénation totale

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Le sociologue Bob Torres, dans le chapitre « Chained Commodities » de Making a Killing: The Political Economy of Animal Rights, propose une analyse marxiste de l’exploitation animale. Voici quelques extraits:

De fait, en termes de misère à l’état pur, les animaux se trouvent probablement dans une situation encore pire que les classes ouvrières contemporaines; en tant qu’esclaves-choses au sens littéral et en tant que possessions appartenant à des humains, ils n’échappent jamais à l’emprise de ce système de production, et servent les intérêts de ceux qui désirent tirer profit d’eux vingt-quatre heures sur vingt-quatre tout au long de leur existence (souvent abrégée). […] Les animaux ne perçoivent jamais une distinction entre « la maison » et « le boulot », et demeurent en tout temps dans l’étreinte du capital productif.1

Ici, il présente l’analyse de Barbara Noske (Beyond Boundaries: Humans and Animals, 18-21) qui s’intéresse au concept de l’aliénation:

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