La fête de toutes les mères, sans distinction

Oxfam - Fête des mères 2014

Dans un récent courriel, Oxfam Québec invite à « fêter toutes les mamans, sans distinction ». C’est une proposition qu’on ne peut dédaigner étant donné la piètre condition de la femme au niveau international, ce qui a des répercussions dramatiques à tous les niveaux de la société. Toutefois, il convient d’être cohérent et de vraiment bien comprendre le sens de célébrer les mères sans distinction. Cela devrait signifier que quiconque est une mère mérite de voir ses droits de mère reconnus. Pourtant, croire que seulement les mères humaines ont un attachement à leur enfant (et inversement, que seuls les enfants humains ont un attachement à leur mère) est non seulement spéciste, mais carrément contraire au sens commun.

Si on oublie un instant le caractère capitaliste de la fête des mères moderne, pourquoi un tel évènement mérite d’être souligné? C’est que la situation des femmes, des mères et des enfants est particulièrement fragile en ce monde. Non seulement la pauvreté absolue et la précarité économique accablent une bonne partie de l’humanité, mais la maladie (alors que plusieurs d’entre elles sont peu coûteuses à traiter) et la violence sociale et domestique causent des drames sans nom dans de nombreuses familles. Le bilan mondial est qu’un très grand nombre de mères n’ont toujours pas la chance d’élever leurs enfants dans des conditions sécuritaires, saines et propices à l’épanouissement. À cet égard, Oxfam accomplit un travail essentiel, même si le problème devrait être pris beaucoup plus au sérieux par les différents États du monde.

La situation des mères non humaines est semblable, sinon pire, d’autant plus qu’elle est systématiquement ignorée et dénigrée par la population générale — celle-ci étant après tout responsable de cette situation. Et si on s’inquiète de la situation des mères humaines, comment fermer les yeux sur celle des mères non humaines? Il ne devrait y avoir rien de choquant dans cette comparaison : chez plusieurs espèces animales, notamment les espèces sociales vouant beaucoup d’énergie à s’occuper de leurs petits, les mères sont dotées de puissants instincts maternels. Il n’y a rien d’anthropomorphique à admettre qu’il y a une violence dans le fait de priver ces animaux de vivre leur maternité. Il peut y avoir des différences entre la maternité humaine et la maternité non humaine, mais l’importance pour une mère d’élever et de protéger ses enfants, et pour les enfants d’avoir une mère, demeure fondamentale dans les deux cas. Lire la suite

La philosophie des droits des animaux résumée par Tom Regan

Si vous cherchez un cours en accéléré sur l’éthique animale, et en particulier une défense de base des droits des animaux, je vous recommande entre autres le discours prononcé par le philosophe Tom Regan en 1989 devant l’Institution Royale de Grande-Bretagne, que vous pouvez écouter ici (durée de 8 minutes) et que j’ai retranscrit plus bas (adapté de la traduction d’Enrique Utria):

Question: Le règne animal a-t-il besoin d’une Déclaration des droits fondamentaux?

Les autres animaux que les humains mangent, utilisent en science, chassent, piègent et exploitent de diverses manières ont leur propre vie qui est importante à leurs yeux, indépendamment de leur utilité pour nous. Ils ne sont pas seulement dans le monde, mais sont aussi conscients de celui-ci, et de ce qui leur arrive. Et ce qui leur arrive leur importe. Chacun a une vie durant laquelle il fait l’expérience de choses bonnes ou mauvaises pour lui. Comme nous, ils apportent une présence psychologique unifiée au monde. Comme nous, ils sont quelqu’un, non pas quelque chose. Sur ces aspects fondamentaux, les animaux non humains dans les laboratoires ou dans les élevages, par exemple, sont les mêmes que les êtres humains. Ainsi, l’éthique de nos rapports avec eux et des relations que nous entretenons les uns avec les autres doit reposer sur certains des mêmes principes moraux fondamentaux.
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Jour de la Terre: Adoptons une habitude réellement durable

pinata de baleine

Texte que j’ai co-écrit avec Élise Desaulniers, auteure de Je mange avec ma tête: les conséquences de nos choix alimentaires (Stanké 2011) et Vache à lait, dix mythes de l’industrie laitière (Stanké 2013). Publié originalement sur Penser avant d’ouvrir la bouche, republié sur Huffington Post Québec et repris intégralement ici.

En ce 22 avril, on nous invite à fêter la terre « en changeant nos habitudes ». Dans sa campagne québécoise, le Jour de la terre présente des piñatas en forme d’animaux sauvages contenant non pas des bonbons, mais des déchets : canettes d’aluminium, bouchons de plastique, mégots de cigarettes ou morceaux de verre. Le message de cette campagne, c’est que chaque petit geste compte et qu’il faut réduire son emprunte en réutilisant et en compostant.

Pourtant, ces petits gestes semblent bien insuffisants au regard de la catastrophe écologique annoncée. Alors que nos émissions de gaz à effet de serre ne cessent d’augmenter et que nous sommes à la veille d’atteindre le point de non-retour en matière de crise environnementale, nous continuons à bouder un changement très concret qui entrainerait des bénéfices considérables. Lequel? Éliminer les protéines animales de notre alimentation.

Les chiffres sont sans équivoque. L’alimentation des végétaliens émet 7 fois moins de gaz à effet de serre que celle des omnivores. Adopter une diète sans viande ni fromage permet de réduire ses émissions de GES de 1,5 tonnes par année. C’est bien davantage (50 %) que remplacer son auto par un modèle hybride, sans compter les économies en eau potable, la réduction des intrants chimiques et l’impact sur l’utilisation de terres agricoles. Recycler sa canette de coca devient un geste bien futile quand on vient de manger une boulette de bœuf haché.

Comment la viande et le fromage peuvent-ils émettre autant de GES?

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