Un argument antiperfectionniste pour la justice animale

Des oies sauvées d'un élevage de foie gras. © Jo-Anne McArthur

Des oies sauvées d’un élevage de foie gras. © Jo-Anne McArthur

On entend bien souvent des spécistes répéter que la vie des animaux a moins de valeur, car elle est moins complexe et moins riche. Leur vie mentale est moins développée, ils ont des plaisirs plus physiques et s’ils ont des projets, ceux-ci sont beaucoup moins significatifs et importants. Pourtant, comme je l’expliquerai, ces éléments n’ont aucune pertinence puisqu’ils reposent sur des valeurs perfectionnistes, un problème déjà décrié dans l’éthique humaine.

Quel est le mal d’être perfectionniste?

Être perfectionniste, en philosophie, ça n’implique pas tellement d’avoir une obsession pour faire les choses à la perfection (quoique…). Il s’agit plutôt de croire que certains modes de vie sont objectivement supérieurs à d’autres. En d’autres mots, une théorie perfectionniste cherche à répondre à la question « Qu’est-ce qu’une vie qui vaut la peine d’être vécue? ».

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Peut-on (et doit-on) inclure les animaux dans la philosophie politique?

cochrane - an introduction to animals and political theory

Ci-haut, un excellent ouvrage d’introduction à la philosophie politique sur la question animale. Le livre couvre l’utilitarisme, le libéralisme, le communautarisme, le marxisme et le féminisme et leur lien avec l’éthique animale. La seule chose qui lui manque est de discuter des récents développements en philosophie politique animale. (Publié en 2010 par Alasdair Cochrane, 167 pages.)


L’éthique animale est un sujet politique

Si vous ouvrez n’importe quel livre d’introduction à la philosophie politique, vous n’y trouverez aucune mention au sujet des animaux non humains. Virtuellement tous les philosophes politiques, à quelques exceptions près, estiment que nos relations avec les animaux ne représentent pas un sujet politique. Ils en sont convaincus à un point tel que la plupart du temps, ils ne se sentent même pas le devoir de justifier pourquoi ils rejettent la question (à l’exception de Rawls, Scanlon et Hume, entre autres). L’humain est un animal politique, a dit Aristote. Seuls les humains font de la politique, alors la politique ne concerne que les humains. Nous essayons d’établir des règles pour notre fonctionnement en société, et les animaux n’ont rien à voir là-dedans.

Heureusement, cette conception est en train d’être remise en question par de nombreux auteurs (voir par exemple « Do We Need a Political Theory of Animal Rights? » de Donaldson et Kymlicka, ainsi que les ouvrages dont je parle plus bas). Je vais présenter ici quelques raisons qui motivent l’inclusion des animaux dans la philosophie politique, au sein des différentes théories de la justice.

1. Co-habitation

La philosophie politique s’intéresse aux problèmes du vivre-ensemble. Or, même si on n’a pas tendance à en prendre conscience, les animaux domestiqués vivent avec nous, par définition. La preuve en est que nous contrôlons tous les aspects de leur vie — que ce soit leur espace, leurs activités et même leurs interactions. Ils sont déjà parmi nous et nous interagissons constamment avec eux (du moins avec certains d’entre eux, car les animaux de ferme et de laboratoire, par exemple, sont invisibles pour la plupart d’entre nous — mais ils demeurent dans nos sociétés du fait que des humains interagissent avec eux). Il s’agit d’ailleurs de l’étymologie du mot domestiqué, qui signifie « relatif à la maison » (du grec domus, maison). Évidemment, on peut parler de domestication des plantes, mais lorsqu’il s’agit des animaux, on parle précisément d’interaction, de reconnaissance mutuelle (nous faisons partie de l’environnement social des animaux domestiqués tout comme ils font partie du nôtre), de vivre-ensemble.
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Les viandes végétaliennes

Prière de noter que cette liste des alternatives à la viande disponibles sur le marché n’est plus gardée à jour depuis 2016.
La revue VegNews qui a célébré les végéburgers!

La revue VegNews célèbre les végéburgers!

Les végétaliens ont le droit d’aimer la viande!

Après l’article très populaire sur les fromages végétaux, il est maintenant temps de couvrir les imitations de viande qui n’ont pas impliqué d’exploitation animale. Qu’on appelle ça fausse viande (mais c’est de la vraie bouffe!), viande végétale (quoique certaines contiennent des champignons, qui n’est pas une plante!), viande végétalienne, sans viande, végé-viande (végé-poulet, végé-boeuf, etc.), l’essentiel à savoir est que l’on peut satisfaire son goût pour la viande sans sacrifier d’animaux. Cet article, je l’espère, saura vous en donner un aperçu.

Mais les végés ne sont-ils pas censés boycotter la viande? Quel est l’intérêt de se priver de viande puis d’essayer par tous les moyens d’en reproduire le goût? La réponse est simple: c’est qu’il y a de nombreuses raisons de devenir végétarien ou végétalien, et le dégoût pour la viande n’en est qu’une. Il ne faudrait donc pas stéréotyper. Pour ma part, je suis végétalien pour des raisons éthiques: de un, parce que j’estime qu’il faut diminuer notre empreinte environnementale, et de deux, parce que j’estime qu’il ne faut pas commettre de violence envers les animaux sans nécessité. En revanche, j’ai toujours adoré la viande. Il existe donc une manière de joindre mon goût à mes valeurs!

Certains omnivores continuent quand même de trouver ridicule l’idée d’imitation de viande. Pourquoi chercher la copie lorsqu’on peut avoir l’original? Du point de vue végane, c’est l’inverse qui est ridicule: pourquoi tenir à tout prix à ce que des animaux soient tués afin que l’on puisse satisfaire nos plaisirs gustatifs? Grâce à la technologie et aux découvertes culinaires, on a pu trouver des manières fort impressionnantes de reproduire l’expérience carnée, et ce, sans les conséquences indésirables. À quoi ça sert alors de manger « l’original »? On tient tant que ça à polluer et à faire souffrir?

On pourra toujours penser que le goût n’est pas exactement le même, ni que ça a exactement la même valeur nutritive. Peut-être. Peu importe, ces produits sont intéressants en soi, et pour la petite différence, ça ne fait vraiment pas le poids du coût environnemental et éthique de la viande authentique. Un peu d’ouverture d’esprit et on ne sera pas déçus!

En même temps, manger des imitations de viande n’est en rien nécessaire au végétalisme. Plusieurs de mes ami-e-s véganes ont développé un dégoût pour la viande ou n’apprécient pas lorsque ces imitations ressemblent trop aux produits originaux. Mais pour les autres, pourquoi se priver? À condition de ne pas en manger tout le temps (car c’est effectivement très salé, gras et parfois dispendieux), il s’agit de plats faciles à préparer et très utiles lorsqu’on manque d’idées.

Voici donc, pour le plaisir de vos yeux et bientôt de votre palais, quelques marques disponibles sur le marché nord-américain, et plus particulièrement au Québec. En consultant les adresses Internet de ces compagnies, vous pourrez aussi savoir si le produit est distribué dans votre région. N’hésitez pas non plus à contacter la compagnie et à discuter avec votre épicier afin de trouver un moyen de faire venir ces produits près de chez vous! Et à la fin, j’ai également proposé quelques recettes de mon répertoire.

Gardein

  • Site web: gardein.com
  • Produits: ailes de poulet, escaloppes, croquettes, cubes de boeuf, filets de poisson, sans viande hachée, boulettes d’hamburgers, etc.
  • Tous végétaliens!

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