Statistiques astronomiques

http://www.mnn.com/food/healthy-eating/stories/what-to-ponder-when-picking-poultry

Élevage industriel de poulets.

Sunday Bloody Sunday

Pour le Super Bowl, il est estimé que 1,25 milliards d’ailes de poulet seront consommées. Considérant que chaque oiseau peut donner quatre ou six ailes de poulet (et non deux, contrairement à ce que l’on aurait pu penser) du fait que chaque aile est divisée en deux ou quatre, on peut estimer qu’entre 208 et 312 millions d’oiseaux auront été tués pour ce seul évènement, pour une journée seulement. Et ces chiffres se reproduisent, s’additionnent, année après année.

Nous sommes pourtant capables de changer, de respecter les autres; nos traditions peuvent évoluer. Avoir du plaisir entre amis et regarder du sport peut très bien se faire sans tuer d’autres individus qui partagent les mêmes intérêts fondamentaux que nous et qui auraient voulu, eux aussi, avoir de meilleures opportunités de vie. Ils n’ont rien fait pour mériter ce triste sort.

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Aliénation totale

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Le sociologue Bob Torres, dans le chapitre « Chained Commodities » de Making a Killing: The Political Economy of Animal Rights, propose une analyse marxiste de l’exploitation animale. Voici quelques extraits:

De fait, en termes de misère à l’état pur, les animaux se trouvent probablement dans une situation encore pire que les classes ouvrières contemporaines; en tant qu’esclaves-choses au sens littéral et en tant que possessions appartenant à des humains, ils n’échappent jamais à l’emprise de ce système de production, et servent les intérêts de ceux qui désirent tirer profit d’eux vingt-quatre heures sur vingt-quatre tout au long de leur existence (souvent abrégée). […] Les animaux ne perçoivent jamais une distinction entre « la maison » et « le boulot », et demeurent en tout temps dans l’étreinte du capital productif.1

Ici, il présente l’analyse de Barbara Noske (Beyond Boundaries: Humans and Animals, 18-21) qui s’intéresse au concept de l’aliénation:

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L’exploitation animale est consacrée dans la loi

Protéger pour mieux exploiter

Une chose est bien connue: légalement, les animaux sont considérés comme des biens meubles. Mais la situation est-elle aussi simple? N’y a-t-il pas, par exemple, une panoplie de lois qui protègent les animaux contre la cruauté?

La réponse simple est oui: la cruauté envers les animaux est notamment sanctionnée dans le Code criminel canadien (articles 444447). La réponse longue est que ces lois ne remettent pas du tout en question les formes institutionnalisées d’exploitation animale, et ce, même si celles-ci impliquent souvent des formes plus graves et systématisées de souffrance et de violence. Autrement dit, la cruauté pour la cruauté est légalement prohibée, mais non la cruauté pour faire des profits.

De manière générale, ce qui est considéré comme une pratique socialement acceptée ne peut pas être sanctionné par la loi. Les intérêts des animaux sont donc seulement considérés lorsqu’ils convergent avec les intérêts des êtres humains. La loi ne protège pas les animaux pour ce qu’ils sont, mais plutôt pour ce que nous décidons qu’ils sont, c’est–à-dire de l’utilité que l’on veut bien leur imposer. Par exemple, un lapin bénéficie de différentes protections légales selon qu’il est utilisé pour la recherche scientifique, qu’il est élevé pour être mangé, qu’il est élevé pour être vendu à une animalerie, qu’il est dans l’animalerie, qu’il se voit adopté par une famille en tant qu’animal de compagnie ou qu’il est sauvage. Il peut s’agir du même lapin qui est transféré d’un endroit à l’autre, cela importe peu: sa protection est déterminée par sa fonction. Ses intérêts les plus fondamentaux sont donc échangeables, négligeables, et ne sont aucunement considérés en soi. En bref, la loi sert d’abord à protéger l’exploitation animale bien avant de protéger les animaux eux-mêmes.

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