L’exploitation animale est consacrée dans la loi

Protéger pour mieux exploiter

Une chose est bien connue: légalement, les animaux sont considérés comme des biens meubles. Mais la situation est-elle aussi simple? N’y a-t-il pas, par exemple, une panoplie de lois qui protègent les animaux contre la cruauté?

La réponse simple est oui: la cruauté envers les animaux est notamment sanctionnée dans le Code criminel canadien (articles 444447). La réponse longue est que ces lois ne remettent pas du tout en question les formes institutionnalisées d’exploitation animale, et ce, même si celles-ci impliquent souvent des formes plus graves et systématisées de souffrance et de violence. Autrement dit, la cruauté pour la cruauté est légalement prohibée, mais non la cruauté pour faire des profits.

De manière générale, ce qui est considéré comme une pratique socialement acceptée ne peut pas être sanctionné par la loi. Les intérêts des animaux sont donc seulement considérés lorsqu’ils convergent avec les intérêts des êtres humains. La loi ne protège pas les animaux pour ce qu’ils sont, mais plutôt pour ce que nous décidons qu’ils sont, c’est–à-dire de l’utilité que l’on veut bien leur imposer. Par exemple, un lapin bénéficie de différentes protections légales selon qu’il est utilisé pour la recherche scientifique, qu’il est élevé pour être mangé, qu’il est élevé pour être vendu à une animalerie, qu’il est dans l’animalerie, qu’il se voit adopté par une famille en tant qu’animal de compagnie ou qu’il est sauvage. Il peut s’agir du même lapin qui est transféré d’un endroit à l’autre, cela importe peu: sa protection est déterminée par sa fonction. Ses intérêts les plus fondamentaux sont donc échangeables, négligeables, et ne sont aucunement considérés en soi. En bref, la loi sert d’abord à protéger l’exploitation animale bien avant de protéger les animaux eux-mêmes.

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Regarder l’animal: compte-rendu de We Animals

Article rédigé avec Marie-Noël Gingras et originalement publié le 11 janvier 2014 sur le blogue Vert et fruité désormais fermé. Voici la reproduction intégrale.

Cliquez sur l'image pour accéder au compte-rendu.

Un cliché, malheureusement trop courant, est que pour se préoccuper des animaux il faut d’abord les aimer. L’exploitation animale représente pourtant un problème qui devrait toucher tout le monde. Il est donc important que chacun se sensibilise à la question; pour ce faire, j’ai trouvé que le nouveau livre We Animals de la photographe torontoise Jo-Anne McArthur est fort pertinent!

Pendant plus de dix ans, McArthur a traversé le monde pour témoigner de ce que subissent les animaux à notre époque. Son portrait est, il faut se l’avouer, bouleversant. Au fil des chapitres, elle nous amène à prendre conscience de cette réalité que l’on a trop tendance à négliger, voire à ignorer.Tout autour de nous, les animaux se voient exploités : pour certaines formes de divertissements et pour les vêtements; pour devenir de la nourriture; pour tester des produits domestiques ou des médicaments; et pour conduire des recherches scientifiques.

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Veau naissant dans une ferme biologique en Espagne, 2010.

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Ne se soucier que des animaux sauvages

Greenpeace (division des Pays-Bas) vient de produire un vidéo fort poignant pour nous sensibiliser au sujet des animaux sauvages. Il s’agit d’une attitude typiquement spéciste d’être contrarié par la disparition des animaux sauvages ou à leur sort en général mais d’ignorer celui des autres animaux. Lire la suite