Sept façons de devenir végétalien

(Voici la reprise intégrale de mon article diffusé sur le blogue Penser avant d’ouvrir la bouche le 29 octobre 2013. Il s’agit aussi d’une mise à jour d’une version écrite en 2011.)

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La plupart de ceux à qui je parle de végétalisme comprennent assez rapidement les arguments (éthiques, écologiques ou de santé) et finissent par démontrer un intérêt à changer leur alimentation. Par contre, un tel changement radical peut faire peur et plusieurs personnes s’en sentent incapables. Comment on s’y prend pour faire la transition ? Est-ce que ça doit se faire du jour au lendemain ? Pas nécessairement.

Il y a sans doute autant de façons de devenir végétalien qu’il y a de végétaliens. C’est une démarche personnelle qui demande de se respecter soi-même si l’on veut bien réussir la transition et rester végétalien à long terme. Après tout, il s’agit d’un gros changement à apprivoiser, et c’est pourquoi il vaut mieux personnaliser la démarche. Alors, pour ceux et celles qui désirent se nourrir de quelques idées afin de faciliter cette transition, voici cinq sept approches qui sauront vous inspirer :

  1. Méthode trois repas
  2. Méthode trois listes
  3. Méthode extérieur/intérieur
  4. Méthode une journée à la fois
  5. Méthode défi
  6. Méthode un aliment à la fois
  7. Méthode conditionnement

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Défense d’aider les animaux

Lesli Bisgould - Animals and the Law

Dans son chapitre sur les animaux sauvages, la professeure de droit de l’Université de Toronto Lesli Bisgould écrit:

Tandis qu’une personne a le droit de perturber un animal [sauvage] dans le but de tenter de le tuer, elle ne doit pas le faire dans l’intention d’essayer de l’aider; il est interdit de déranger les animaux « en vue d’empêcher ou de gêner des activités licites de chasse ou de pêche »; toucher ou enrayer tout piège tendu conformément à la législation constitue également une infraction.1

– Lesli Bisgould (2011), Animals and the Law, p. 241

Parallèlement, l’article de Vaughan Black intitulé “Rights Gone Wild” propose une intéressante réflexion sur le fait que la plupart des provinces du Canada ont adopté un droit symbolique à la chasse. Les députés, au lieu de se questionner sur les conséquences imprévisibles de tels statuts, ont plutôt profité de leurs interventions en chambre pour raconter des histoires de chasse, prétendre que la chasse est nécessaire à l’équilibre des écosystèmes (mais sans jamais citer d’études scientifiques à ce sujet), et que c’est bon pour l’éducation des enfants et la famille. Et ils ont même été capables de parler de chasse sans mentionner le mot « kill » (tuer): Lire la suite

Les cas marginaux sont marginalisés

En éthique animale, on fait souvent référence à l’argument des cas marginaux: il existe des êtres humains qui ne possèdent pas les facultés tant prisées par les spécistes, comme la rationalité, la capacité d’agir moralement ou de négocier un contrat social. Ces cas « marginaux » sont les bébés (et dans une certaine mesure, les enfants), certaines personnes ayant une déficience intellectuelle et les personnes âgées en perte de leurs facultés. Nous pensons pourtant que ces personnes sont des patients moraux au même titre que les agents moraux humains, c’est-à-dire qu’ils sont des bénéciaires directs de nos actions morales et qu’ils doivent être inclus dans l’égalité humaine. Il s’agit même d’un truisme de nos sociétés modernes. Il semble donc que les facultés mises de l’avant par les spécistes ne sont pas des critères moralement pertinents, ce qui implique que l’on ne peut moralement exclure les animaux non humains pour ces raisons.

J’estime cependant qu’il faudrait plutôt parler des cas marginalisés. Comme je l’ai écrit à la page 3, note 5, de mon mémoire de maîtrise:

En éthique animale, ces personnes sont généralement caractérisées comme étant les « cas marginaux », mais je trouve cette expression regrettable pour au moins deux raisons. Premièrement, comme le soulignent Donaldson et Kymlicka (2011, 27), cela donne la fausse impression qu’il s’agit d’un petit nombre d’humains, alors que nous avons tous fait partie de cette catégorie lorsque nous étions enfants, et que nous pourrions tous en faire partie de nouveau en vieillissant ou en subissant un accident. Deuxièmement, cela donne l’impression que ces cas sont secondaires, périphériques, voire moins humains, et qu’on peut les aborder en un deuxième temps plutôt que de les inclure directement, dès le premier temps, dans la réflexion morale.

Or, les « cas marginaux » ne représentent ni une exception, ni une classe indésirable de l’espèce humaine. Pour ces raisons, je propose de remplacer cette expression par « cas marginalisés » dans le but de mettre l’accent sur l’idée qu’il s’agit de personnes qui se font écarter par le choix de langage et de théories morales, alors qu’elles ne devraient pas être considérées marginales.

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