Publications de l’automne 2015

Versus 02 couverture

Versus 2 paraîtra le 22 octobre à Montréal!

Je publie peu depuis quelques temps, car je me suis remis à temps plein dans mes recherches doctorales et je souhaite aussi apporter ma contribution au Réseau JASE et à Queen’s Animal Defence. En attendant que j’écrive d’autres textes originaux sur mon blogue, vous pouvez tout de même découvrir ailleurs quelques textes que j’ai écrits ou pour lesquels j’ai contribué. En résumé:

Entrevue dans le Huffington Post Québec

Le blogueur Jean-Christophe Pagé, qui se consacre à des questions de modes de vie alternatifs et aux mouvements de contre-culture pour le Huffington Post Québec, m’a invité à faire une entrevue sur mes recherches doctorales. Le texte, intitulé « L’autonomie des animaux: entrevue avec Frédéric Côté-Boudreau », a été publié le 13 septembre 2015. Extrait:

[Les animaux] ont des préférences individuelles, des affinités particulières et des personnalités qui leur sont propres – certains sont curieux et joueurs, d’autres prudents et casaniers. Pourquoi ne pas respecter leurs propres envies et leurs propres désirs?

Les animaux peuvent très bien avoir envie de développer des relations sociales avec certains plutôt que d’autres, ou bien choisir le type d’activités à faire dans leur journée, ou encore quel territoire explorer, etc. Cela peut paraître superflu lorsqu’on compare à de supposés projets de vie rationnels que les humains auraient, mais aux yeux des animaux ce sont les choses qui importent le plus.

HuffPost Québec autonomie des animaux

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Étude de cas sur un café à chats

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Un café à chats végane en plein coeur de Montréal

En juin dernier, le Café Venosa a ouvert ses portes sur le boulevard St-Denis à Montréal. Pour une première fois, il s’agit d’un café à chats n’offrant que de la nourriture végétalienne — une cohérence qui s’imposait comme nécessaire. (En effet, quel serait l’intérêt d’aller flatter des chats tout en croquant dans des paninis au jambon et fromage?) Mais au-delà de son attrait ludique et inusité, et de son menu fort appétissant, ce qui m’a frappé de cet endroit est qu’il pouvait exemplifier des idées que je défends à travers mon parcours académique et militant.

J’ai discuté auparavant de la théorie de la citoyenneté animale proposée par Sue Donaldson et Will Kymlicka, théorie qui suggère entre autres de considérer les animaux domestiqués comme des membres à part entière de nos sociétés et de leur octroyer le statut de citoyen. Et si le Café Venosa nous offrait une fenêtre sur une possible zoopolis, du moins sur une partie de celle-ci?

Je propose ici de montrer de quelle manière un café à chats végane nous permet de nous pencher sur trois aspects de la citoyenneté animale: la question de l’inclusion sociale, l’instauration des règles du vivre ensemble et le problème des conditions de travail. Il est probable que les fondateurs de ce café n’avaient pas de telles intentions en tête, mais leur initiative nous invite bien à mieux explorer nos idées et pratiques sur des thèmes politiques de grande importance. Lire la suite

Vers un monde végane (2): représenter les animaux

Harmut Kiewert, « Evolution of Revolution ».

Je fais partie d’un mouvement social qui milite pour l’égalité animale, ce qui implique l’abolition de l’exploitation des animaux et de toutes formes de domination à leur égard. Cet idéal parait bien utopique et absurde à la plupart de mes contemporains, et pourtant, ce mouvement continue de grandir mondialement. Arriverons-nous un jour à véganiser la société?

Pour répondre à cette question, je propose une série de billets portant sur le projet de créer un monde végane qui reconnaitrait les animaux en tant qu’égaux des humains. Quels sont les obstacles que nous pourrions rencontrer? Quelles seraient les transformations que nos sociétés devront opérer? De quoi aurait l’air une société végane et antispéciste? Est-ce seulement un projet réaliste? À raison d’environ un texte par mois, j’aborderai les thèmes suivants:

  1. la transition sociale
  2. la représentation artistique et politique
  3. les défis économiques
  4. le rapport à la nature
  5. la médecine
  6. les relations internationales et interculturelles.

Le mouvement antispéciste, s’il souhaite abolir l’exploitation animale et véganiser la société, devra changer notre manière même de voir les animaux et de les représenter sur la scène politique. Dans ce deuxième volet de la série, je discute ainsi de la représentation artistique ainsi que de quelques formes de représentations politiques institutionnalisées. J’ajoute ensuite que la représentation la plus essentielle demeure l’autoreprésentation, où l’on apprend à découvrir les animaux pour ce qu’ils sont réellement, avec toute leur individualité. Pour conclure, je parle du rôle prospectif et rétrospectif de l’éducation.

La représentation artistique

Puisque l’art est souvent à l’avant-garde des mouvements sociaux, qui dit représentation politique dit représentation artistique. La raison est simple: avant de défendre un groupe social au sein de débats politiques et sociaux, il faut d’abord pouvoir inclure ce groupe dans l’imaginaire collectif, c’est-à-dire pouvoir l’illustrer comme un objet digne de considération sociale. Et l’art, dans sa littérature, dans son théâtre ou dans sa forme plastique, se révèle particulièrement puissant pour pouvoir dénoncer des injustices et élargir notre univers moral. Il sait nous provoquer et nous faire percevoir des situations que nous n’osions contempler ou remarquer plus tôt.

Pour illustrer ce propos, voici une petite sélection d’oeuvres picturales dénonçant l’exploitation animale, et vous pouvez cliquer sur les images afin de découvrir d’autres oeuvres de ces artistes:

Sue Coe emprunte un angle très direct pour illustrer la violence commise envers les animaux.

Sue Coe adopte un angle très direct pour illustrer la violence commise envers les animaux.

Frédéric Back, le dessinateur de « L'homme qui plantait des arbres », était végétarien et défendait aussi la cause animale.

Frédéric Back, le dessinateur de « L’homme qui plantait des arbres », était végétarien et défendait aussi la cause animale.

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